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Eric Ciotti : « La procédure d’asile, voie légale pour l’immigration illégale »

NICE-MATIN – A l’Assemblée nationale, un certain nombre de rapports sont confiés à des élus d’opposition. C’est le cas de celui concernant l’asile, dont le député azuréen Eric Ciotti (Les Républicains) présentera le budget aujourd’hui. Un budget qu’il considère d’un œil forcément critique et qu’il proposera d’ailleurs de rejeter.

« Nous nous trouvons face à un système embolisé, à bout de souffle, commente-t-il. Le budget spécifique de l’asile est de 533 millions, en hausse de 7% Mais en fait, si on considère, comme l’a fait la Cour des comptes, toutes les dépenses induites, de soins, d’éducation, de logement, liées aux déboutés qui restent chez nous, on arrive à près de deux milliards. » Et le président des Alpes-Maritimes de s’emporter contre « un système qui ne sait plus faire la distinction entre les réfugiés et les déboutés du droit d’asile, dont 4 % seulement sont renvoyés dans leur pays d’origine ».

Il résume : « En gros, la procédure d’asile est aujourd’hui devenue une voie légale pour l’immigration illégale. Tout ça parce que les délais d’instruction sont trop longs, vingt mois en moyenne, sans compter les délais d’appel. Depuis 2009, le coût de l’asile a augmenté de 47 %, alors que les demandeurs n’ont progressé que de 39 %. »

Et de stigmatiser une absence de volonté de reconduite à la frontière. Lui préconise deux orientations : « Des procédures d’examen plus rapides. Et surtout, quand la demande d’asile est rejetée, que s’arrêtent les procédures. Parce qu’aujourd’hui, quand un demandeur d’asile voit sa requête rejetée, il peut solliciter un titre de séjour pour d’autres raisons. Il faut, enfin, que l’Etat engage des procédures pour expulser les déboutés du territoire national. Le rejet d’une demande d’asile doit valoir automatiquement obligation de quitter notre territoire. »

Le député maralpin chiffre par ailleurs « le coût des 33 000 migrants à accueillir en France sur deux ans non pas à 276 millions mais à 450 millions », dénonçant « une insincérité des chiffres Le gouvernement est en train de bâtir une politique à la fois irresponsable et dangereuse, qui mettra en péril le système de l’asile en n’apportant aucune réponse à une situation intenable », conclut-il.

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